NOUS, les femmes !

En juin dernier, l’envie de se lancer dans un nouveau projet avait fait son chemin au sein de l’asso. Après Yapuka, il était temps pour nous d’aborder un autre sujet d’actualité : le féminisme. Retour sur les débuts et les coulisses de notre prochain documentaire…

Connaissez-vous les podcasts de Charlotte Bienaimée sur Arte Radio ? Ils ont été le point de départ de notre travail, ils ont ouvert le champ de toutes les possibilités. Dès lors les informations récoltées et toutes nos idées mises à plat, nous avons divisé les reportages en quatre grandes parties :

  • les métiers d’ « homme »
  • l’appropriation de l’espace public 
  • les femmes dans le sport
  • les femmes en lutte 

Ce qui s’annonçait le plus compliqué au départ a finalement été tourné très vite. Les profils de femmes exerçant des professions généralement attribuées aux hommes ont été trouvées grâce aux réseaux sociaux et au bouche à oreille. Le premier tournage a eu lieu en plein mois de juillet, lors d’un atelier vélo de l’association lilloise Les Jantes du Nord. Le principe est maintenant reconnu un peu partout en France : au lieu de faire réparer son vélo par quelqu’un, ces ateliers participatifs permettent de le réparer soi-même grâce aux conseils d’amateurs et de pros de la mécanique. 

Et dans ce cas précis, les pros étaient des femmes : Béatrice (la salariée de l’asso) et Noémie, une membre bénévole, toutes deux passionnées de mécanique vélo. Leur profil est d’autant plus intéressant qu’elles sont aussi très militantes sur les sujets du droit des femmes. 

Ce jour de tournage, une dame et son fils étaient présents pour réparer un vélo. Béatrice n’a pas manqué de nous signaler que cette nouvelle adhérente était électricienne. C’était exactement ce que nous recherchions : une femme du bâtiment ! Nous avons échangé les numéros et pris rendez-vous pour un tournage sur le terrain. 

Cette électricienne, c’est Hircania, une femme qui a plein de choses à dire et qui ne comprend pas trop pourquoi elle pourrait être avant-gardiste et féministe. Son profil de femme libre nous a séduit. Ses choix de carrière lui ont semblé toute sa vie très naturels : elle voulait travailler dans le bâtiment et elle l’a fait. Quand on lui demande si elle a rencontré des obstacles, elle assure que non. On pense plutôt qu’elle n’a jamais voulu se laisser intimider par les obstacles qui se sont présentés à elle et qu’elle a toujours suivi ses envies et ses ambitions. 

Celle qui vient clôturer ce chapitre de femmes qui sont là où on ne les attend pas, c’est Doris. Déjà, sa voix grave au téléphone éveillait la curiosité et donnait envie d’en savoir plus sur elle. Et quand on l’a retrouvé sur le tournage, c’était la surprise : un femme petite et menue (mais attention, pleine de muscles !) au caractère bien trempé ! C’est le genre de femmes qui fera exactement ce qu’on lui interdira de faire, au nom de son indépendance et de sa liberté. 

Doris est chauffeure de camions dans le BTP. Après avoir suivi la carrière de bureau que ses parents attendait d’elle, elle a décidé un beau jour de passer son permis poids lourds et s’est passionnée pour ce métier au contact des autres. Car elle ne fait pas que conduire : elle charge et décharge, à longueur de journées, toute sorte de matériel pour les chantiers. Pas de salle de sport pour elle, ses muscles parfaitement dessinés imposent le respect de tous les hommes qui pourraient penser qu’une femme est incapable d’exercer ce genre de profession.  

Puisque toutes ces séquences ont été tournées, le montage de ce chapitre est maintenant bien avancé même s’il est toujours en cours… Il permet d’imaginer la forme final du documentaire et le chemin à suivre pour les prochains tournages. 

Pour l’heure, nous avons tourné une séquence dans la partie de l’appropriation de l’espace public, c’est celle de Lady Alezia. Ce chapitre était essentiel pour le documentaire car pendant trop longtemps, les femmes ont été enfermées dans l’espace de leur foyer : les hommes travaillent, sortent, arpentent les villes alors que les femmes arpentent les pièces de leur maison, tout en les astiquant. Lady Alezia est une femme discrète qui ne se prétend pas féministe mais qui tient malgré tout à féminiser l’espace public. Elle dessine sur les murs de Lille des oiseaux, des fleurs, des femmes. Elle a appris avec le temps à apprivoiser la ville et les rencontres qu’elle peut faire quand elle peint. 

En ce qui concerne le sport, nous avons également une seule séquence pour le moment : celle des femmes qui pratiquent le foot. Pour cela, nous sommes allés à l’Etoile Club de Camphin-en-Pévèle à la fin de l’été dernier. La saison reprenait et des femmes de tous les horizons et de tous les âges se retrouvaient pour partager leur passion. A bas les clichés sexistes : sur le terrain, pas de mesquineries « de femmes » mais de la solidarité, du respect, de l’entraide et de la complicité ! Les femmes interviewées ont toutes témoigné de moqueries qu’elles ont reçues juste en raison de leur envie d’être sur le terrain. Aujourd’hui, leur niveau et leur motivation prouve qu’elles ne valent pas moins qu’un homme… 

Et puis voilà, le dernier tournage a eu lieu en fin d’année, et il était un peu plus compliqué. Nous voulions filmer et interroger les femmes en lutte. Et bien sûr, en ce moment, à Lille, le combat pour la Friche Saint-Sauveur nous permettait de mettre en lumière une thématique environnementale, en plus de féministe. Nous avons rencontré des femmes qui se battent pour cet espace de nature en plein centre-ville. Le seul souci : impossible de filmer les visages car l’occupation du terrain n’est évidemment pas légale. Ce jour-là, les militantes et militants construisaient un pont pour permettre aux habitants d’accéder à la friche, emmurée de béton. Nous avons récolté des témoignages de ces femmes en lutte qui rencontrent parfois aussi des difficultés dans l’expression de leur révolte. 

Depuis le début de l’année, d’autres projets se mettent en place et il va falloir retrouver le temps pour poursuivre les tournages et les montages de ce documentaire qui nous tient particulièrement à coeur. Nous préférons garder secret pour le moment les prochaines séquences mais elles seront dévoilées une fois tournées. Alors, restés connecté.E.s ! 

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